Raphaël Boissy: texte

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Le champ de mon travail se situe dans l'espace entre la notion de jeu (où de sport) et celle de l'art. Même si je n'y fais pas toujours référence, j'impose souvent une règle du jeu dans la construction de mes différentes pièces. J'utilise en quelques sortes des cobayes, que ce soit moi-même où d'autres personnes pour les réaliser. Mon travail entretient aussi une relation importante avec le public qui se situe à plusieurs niveaux: parfois, le spectateur est intégré à l'oeuvre, son action volontaire où non la finit, tandis qu'à d'autres moments, il a simplement la possibilité de participer, mais ce n'est pas obligatoire. Je joue sur la satisfaction que l'on attend d'un jeu (réalisation d'une expérience...) par la frustration où l'absurdité d'un processus détourné, il y a presque quelque chose de sadique. Mais il contient aussi une bonne dose d'humour et d'absurde, tout en étant parfois un peu autobiographique. Le fait que le spectateur puisse "utiliser" l'oeuvre, c'est aussi pour lui permettre de s'y confronter directement, de mieux en percevoir les enjeux, de se positionner par rapport à elle. J'utilise l'aspect à la fois anodin et expérimental du jeu qui peut se retrouver dans l'art. Le fait que l'on puisse parler à propos de l'art de "nécessité intérieure", de grandes utopies sociales et en même temps de matière optionnelle au bac a un lien avec mon travail. Parfois les formes dérisoires de la distraction, du passe-temps que j'utilise, je les confronte à des indices valorisés par l'histoire de l'art tels que le monochrome où la peinture abstraite.